"La vie comme Elva" de Jean-Paul Nozière
|
|
L'usine de Sponge licencie des dizaines d'employés. Dans la famille d'Elva (elle a 15 ans), la mère, le père, le frère sont dans "la charrette" des licenciés. C'est la grève, avec ses conséquences sur la vie de famille. Elva refuse d'être spectatrice: elle participe au combat pour la survie et la dignité et même, entraîne ses parents. Durant ces jours difficiles, elle fera la connaissance de Luce, une fille qui découvre une réalité sociale qu'elle ignorait ou avait refusé de voir jusque là. Éditions Thierry Magnier - septembre 2005 |
|
Quelques critiques... |
|
|
|
|
|
Elva a 15 ans. Elle est révoltée à l'annonce du licenciement de ses parents. Les encourageant à se défendre provoque un grand mouvement de protestation, nourrit par les autres ouvriers touchés par la même mesure ...A l'occasion de la première manifestation, elle se rapproche de Luce, une superbe fille ...qui n'est autre que la fille du directeur du personnel.... Construit autour de deux idées maîtresses, la lutte des classes et le saphisme (homosexualité féminine), ce roman engagé suit une progression équilibrée, dans l'alternance de l'action et la montée en puissance des sentiments. Un roman qui s'adresse, selon l'éditeur, aux jeunes de 14 ans et plus. choisirunlivre.com
|
|
|
On ne va pas se laisser faire !", c'est ce que lance Elva, 15 ans,
quand elle apprend que ses parents sont licenciés de l'usine...Elva refuse d'accepter que
ses parents se résignent et les encourage à réunir les autres licenciés pour faire grève et
réclamer un meilleur sort....Débats, nuits de tensions, occupation de l'entreprise...tout
cela fait découvrir à Elva une autre réalité sociale...Un livre chargé de pudeur, de colère
et d'amour...la vie comme elle va!
|
|
|
Que se passe-t-il lorsqu'une petite ville comme Sponge ne vit que grâce à l'usine de plastique
où travaillent presque tous les habitants ? Qu'arrive-t-il lorsque le profit commande aux dirigeants
de l'usine de licencier dans un premier wagon la moitié des salariés ? C'est la casse
sociale... des vies brisées.
C'est ce sujet grave et presque banal aujourd'hui hélas qu'aborde Nozière dans son dernier roman, à travers
deux jeunes filles qui ne sont pas du même bord. Elva, dont les parents sont licenciés tous les deux, dotée
d'une volonté et d'une force de caractère peu communes, participe à la lutte des
salariés... Luce, fille du directeur des ressources humaines de l'usine, gosse de riches et solitaire,
découvre que des gens souffrent dans la ville où elle vit. Ces deux-là se trouvent, s'aiment et passent
ensemble quinze jours qu'elles n'oublieront pas, dans l'usine occupée.
Le sujet principal du roman n'est pas l'homosexualité des deux jeunes filles, qu'elles assument d'ailleurs très bien,
mais qui est finalement anecdotique. Nozière parle surtout des conséquences humaines dramatiques du capitalisme triomphant
et montre de manière très concrète comment se déroulent les phases d'une lutte
sociale... La fin du roman n'est pas optimiste,
mais terriblement réaliste, hélas.
|
|
|
Le sujet du livre n’est pas tant l’homosexualité, bien assumée, des deux filles, que la grève.
Le capitalisme aveugle et triomphant, le chômage ravageur sont au centre du propos de l’auteur.
Chacun réagit différemment face à ces spectres, les femmes de la famille d’Elva plus promptes à se rebeller que les hommes.
Tout est détaillé de manière authentique : organisation matérielle, assemblées, manifestations, solidarité des commerçants
(emplois dérivés), « jaunes » et autres « briseurs de grève ». Je ne pense pas qu’Elva soit un personnage principal
comme les autres : l’histoire tourne autour d’elle, elle nous montre certes que l’amour abolit les classes sociales,
mais ses sentiments de ce point de vue ne sont pas très approfondis. De même que ses sentiments tout court, d’ailleurs :
Elva est comme le prisme par lequel le narrateur anonyme observe le déroulement de la grève, un prétexte en quelque sorte.
C’est plus un épisode dramatique de la vie d’une ville, cette héroïne moderne, que le roman relate.
Un sujet quasiment jamais traité dans la littérature de jeunesse, ici traité sans haine, avec réalisme.
|
|
|
C’est un « Jean-Paul Nozière » du meilleur tonneau que viennent de publier les éditions Thierry Magnier.
Avec « La vie comme Elva », l’auteur offre , en effet, à ses lecteurs adolescents un texte fort et engagé
où les difficultés économiques occupent le haut du pavé….Réussite dans le choix des thématiques et dans
leur traitement. Réussite aussi dans la force des personnages, mais aussi dans le soin et la rigueur apportés
à l’écriture… |
|